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Im Kwon-taek, un artisan du cinéma

Photographie d'Im Kwon-taek

© Cécile Limorté

 

Cette année, le Festival des 3 Continents a mis à l’honneur le réalisateur sud-coréen Im Kwon-taek. Un aperçu de son œuvre prolifique est présenté jusqu’au 1er décembre. Pour en savoir plus sur l’homme aux 102 films, Preview a rencontré Pierre Rissient, un des “ vulgarisateurs ” de son travail en France.

 

Clint Eastwood et Quentin Tarantino l’appellent pour lui demander des conseils. Tout comme Im Kwon-taek. Lui, c’est Pierre Rissient, producteur, programmateur, découvreur de talents, réalisateur et distributeur français.  C’est en 1982 que celui-ci découvre Mandala. Ce long-métrage est celui qui a lancé la carrière du Sud-Coréen.  “ Il y a eu un avant et un après Mandala. Jusque-là, ses films étaient davantage des œuvres de commande, des films commerciaux, explique Pierre Rissient. Il a ensuite eu l’occasion et l’envie de faire des choix plus personnels. Notamment au niveau de la technique ”. Outre sa passion pour le cinéma, Im Kwon-taek s’intéresse beaucoup à la calligraphie, la peinture et la musique traditionnelle sud-coréenne.

 

La première rencontre entre les deux hommes se déroule dix ans plus tard lors de l’édition 1992 du festival de Shangaï. Le réalisateur sud-coréen y présente La Chanteuse de Pansori. “ Il était très heureux d’apprendre qu’un étranger avait vu ses films, se souvient Pierre Rissient. À cette époque, nous étions très peu nombreux hors de Corée à connaître son travail. ”

 

Cette rencontre marque le début de leur collaboration. Le producteur français a en effet travaillé avec le cinéaste sur trois projets : Le chant de la fidèle Chunhyang, Ivre de femmes et de peinture et La Pègre. Il s’est occupé en partie du montage et du remontage de ces trois films. Le réalisateur lui a laissé carte blanche. Il s’agissait en fait de les rendre plus accessibles à un public d’Occidentaux.

 

Pour Pierre Rissient, le cinéma d’Im Kwon-taek représente la culture coréenne. “ C’est un artisan au service de sa culture. Il fait la fierté des Coréens ”, déclare le Français, ravi que le Festival des 3 Continents diffuse une rétrospective du travail du cinéaste sud-coréen.

 

Juliana J. Garzon & Marion Miard

 

 

—Preview à la master class—

 

Im Kwon-taek est “ ravi et ému ” de l’intérêt que lui a porté le Festival des 3 Continents lors de cette 37e édition. Pendant presque deux heures, les participants de la master class ont pu comprendre ce qui a construit la carrière prolifique du réalisateur. Un travail qui le surprend encore. Im Kwon-taek explique par exemple n’avoir pas reconnu un de ses films qui passait à la télévision. Il avait totalement oublié, dans le flux des tournages enchaînés à l’époque, l’avoir réalisé. Il trouvait même ce film assez mauvais. Une période où il ne réalisait que des films d’action parce qu’ils attiraient davantage de monde. “Aujourd’hui, je trouve que c’était quelque chose de fou. Ce que j’ai fait ne présentait aucun intérêt.”

 

À un moment de sa carrière, Im Kwon-taek s’est posé la question de la pertinence de ses films. Après réflexion, il s’est décidé à montrer dans sa production sa propre expérience de vie : la colonisation de la Corée par le Japon, la dictature, la relation difficile avec sa mère… Il a alors commencé à réaliser des films avec l’objectif d’amener le public à ne pas oublier la tradition de son pays. “Nous ne pouvons faire ni plus ni moins que ce que nous avons vécu. C’est pour dire cela que je suis venu à Nantes.”

 

Juliana J. Garzon

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