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La cité des ducs rencontre Ethekwini

Montage d'illustration du sujet " La ville des ducs rencontre Ethekwini "Les villes jumelées de Nantes et Durban ont construit une relation fructueuse autour du cinéma. L’atelier Produire Au Sud dispose depuis 2012 d’une fenêtre sur le continent africain.


Depuis 2004, la ville de Nantes entretient un partenariat avec Durban (Afrique du Sud) basé sur une volonté de promouvoir la culture et les échanges. Réaffirmé en 2013 par la signature d’un protocole d’entente entre les deux villes, ce jumelage a permis de collaborer sur des projets divers (écologiques, sportifs, universitaires,…). Les actions les plus significatives concernent celles du Festival des 3 Continents et du Festival International du Cinéma de Durban, partenaires depuis 2012.


Guillaume Mainguet, coordinateur de l’atelier Produire Au Sud (PAS), a développé ce partenariat lorsque Nantes Métropole a récupéré en 2011 la compétence des relations internationales. Son objectif était de dénicher des villes situées sur les trois continents pour établir des liens entre la plateforme PAS et d’autres festivals internationaux. Cet atelier est une formation à la coproduction destinée à de jeunes producteurs et réalisateurs d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie.


“J’ai proposé de développer cette coopération par le rapprochement des deux festivals, plus exactement par l’association des deux plateformes, des deux programmes professionnels. D’un côté, Produire Au Sud, de l’autre, le DFM, le Durban FilmMart”, explique Guillaume Mainguet. Le DFM partage les mêmes objectifs de formation et d’accompagnement que l’atelier PAS, mais se focalise uniquement sur des projets africains.


Le Festival International du Cinéma de Durban, qui en est à sa 36e édition, a pris de l’ampleur rapidement grâce à des partenariats majeurs avec notamment le Festival international du cinéma de Rotterdam et le Festival international de cinéma de Berlin. L’attrait principal de cette collaboration avec le Durban FilmMart réside dans la possibilité de créer un lien avec la production cinématographique du continent le moins prolifique au monde. En Afrique, les moyens, outils et infrastructures sont en effet plus limités. “C’est aujourd’hui le festival africain qui, en termes d’influence, de durée et d’exposition à l’international, attire le plus de professionnels et qui fait circuler le plus grand nombre de projets de film africain. Pour Produire Au Sud, il s’agit donc d’un véritable creuset pour identifier des nouveaux talents, repérer des projets.”


Grâce à ses divers partenariats internationaux, le festival de Durban est devenu un couloir d’échanges entre l’Afrique et l’Europe. Mais le coordinateur de l’atelier PAS souligne le besoin d’améliorer la qualité de l’écriture scénaristique. C’est en collaborant avec Peter et Monica Rorvik, respectivement directeur du Centre for Creative Arts à Durban et assistant manager du Festival International du Cinéma de Durban, que Guillaume Mainguet établit le premier script studio de PAS en Afrique du Sud en 2012. “Il y avait des lacunes concernant l’écriture de scénario et l’accompagnement des jeunes porteurs de projets. L’idée est de faire en sorte que les projets africains trouvent une structure et une manière dans leur écriture pour être plus “coproduisibles”. Ce n’est pas un joli terme, mais c’est l’idée.”


Depuis ce premier script studio, la relation entre les ateliers de Nantes et ceux de Durban a porté ses fruits. Aujourd’hui, ils entretiennent un échange qui se caractérise du côté de Durban par la mise en place de master class menées par des experts en écriture de scénario, pitch et production qui profitent aussi aux plateformes de Rotterdam et de Berlin. Du côté de Nantes, un binôme réalisateur/producteur sud-africain est sélectionné chaque année pour participer à l’atelier de PAS durant le Festival des 3 Continents. Lors de cette 37e édition, c’est le projet Inkabi, The Hit Man, écrit par Norman Maake et produit par Peter Pohorsky, qui a été sélectionné.


Le cinéma est au cœur de cet échange et nourrit une possibilité de partage et de savoir-faire entre deux villes situées à plus de 12 000 km l’une de l’autre. “C’est incroyable d’arriver à réunir dans une même salle des jeunes gens de tout le continent, avec la diversité de ces Afriques : nord, sud, ouest, anglophone, lusophone, arabe…”, indique Guillaume Mainguet, qui insiste sur la nécessité de maintenir la “fenêtre unique” que constitue ce partenariat.


Pascale Antonie

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